eu-solutions interview with Bleent.
Jean-Charles Campredon travaille pour le cabinet EU-Solutions à Londres et il est ingénieur commercial spécialisés dans le domaine de la Business Intelligence. Il nous éclaire sur la crise que nous traversons actuellement.
Bonjour Jean-Charles, peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour Ethan. De formation ingénieur, mon goût pour le relationnel m’a rapidement poussé à m’orienter vers le côté business. Après une expérience réussi au sein d’une société de conseil en SIRH à Paris, j’ai décidé de donner une dimension plus internationale à ma carrière et tenter l’aventure à Londres ; c’est ainsi que j’ai rejoint eu-solutions, cabinet de recrutement spécialisé BI et intervenant sur le marché anglais depuis 2004 (nous sommes basés à Londres). Pour nos clients et nos candidats, nous travaillons sur des recrutements permanents comme pour des demandes temporaires (freelance). Après un succès avéré sur notre marché d’origine, je suis aujourd’hui en charge du développement de l’activité pour les territoires francophones avec un fort focus sur la France et la Suisse dans un premier temps.
En cette fin d’année mouvementée, est-ce que la crise a un impact sur les recutements dans la BI ?
Tout d’abord, il est important de noter que la Business Intelligence est aujourd’hui une composante essentielle de toute entreprise prospère.
De notre propre analyse, bien que le marché européen où nous intervenons (France, Suisse, Benelux et Royaume-Uni) souffre de la crise et de ce fait d’un manque de confiance dans l’économie générale, l’appétit pour les solutions de BI reste fort.
De nombreuses organisations passent par des réductions de coûts significatives et des restructurations, mais elles ont toutes – sans exception – conscience de l’importance d’avoir des outils de reporting performant, permettant une analyse plus en profondeur et une meilleure gestion des données.
Actuellement, nous fournissons des ressources spécialisées BI pour de nombreux projets de plusieurs millions d’euros : ces projets permettront non seulement aux entreprises d’avoir un avantage business sur leurs concurrents, mais aussi, et c’est là le plus important dans le climat économique actuel, de faire des économies significatives à court ou moyen terme.
Je peux ainsi vous confirmer qu’il y a toujours une forte demande de recrutement autour de BI même si il est à noter que les cycles de décisions ont parfois tendance à s’allonger.
Qu’est-ce qui a changé avec les DSI ?
La Business Intelligence est de plus en plus considérée comme une fonction essentielle de l’entreprise composée d’un large éventail d’intervenants. En conséquence nous avons noté une grande implication des CFO (directeur financier) lorsqu’il s’agit de grands projets de transformation de BI. Ainsi l’interlocuteur privilégié n’est plus seulement coté DSI et il faut donc adapter son discourt à chaque interlocuteur.
Quels secteurs recrutent le plus actuellement ? Et plus particulièrement dans la BI ?
Nous recrutons actuellement pour 3 membres du TOP 5 des plus grosses banques mondiale et toutes ont de grands projets de transformation BI, pour l’un de ces clients, le budget pour le projet est supérieur à un milliard d’euros !
Ceci est en partie une réaction à la crise financière actuelle de la zone euro nécessitant de répondre à ce qui est appelé GRC (Gestion de la gouvernance, Risque et conformité) qui a conduit à de nombreux projets BI.
L’impact de Bâle 3 et Solvency 2 s’est également fait sentir et cela se reflète par la nécessité pour les entreprises de faire preuve d’une plus grande transparence. Cela n’est pas seulement limité au secteur bancaire, nous avons connu une demande importante pour des solutions BI pour l’industrie pharmaceutique, l’industrie du pétrole et du gaz, ainsi que pour la grande distribution, où l’accent a été mis sur la planification à longue échéance et l’analyse des données collectées.
En termes de rôles spécifiques, la demande pour des spécialistes du reporting a baissé depuis que cette fonction devient plus automatisée dans les systèmes de BI.
En revanche, il est avéré qu’une forte demande se fait sentir pour des spécialistes de l’intégration de données ainsi que pour des experts sur les entrepôts de données. Je pense que cela est un résultat de l’intégration de plus fréquente de la BI avec les systèmes ERP et EPM : il y a là, un grand désir des entreprises de disposer de données de qualité dans un système homogène afin de pouvoir les interroger plus efficacement et d’en extraire des rapports pertinents.
Est-ce que tu « googlises » systématiquement tes candidats ?
En ce qui concerne l’utilisation de Google pour générer de l’information sur nos candidats, non nous ne l’utilisons pas systématiquement voir nous ne le faisons jamais : via une requête Google nous pouvons aujourd’hui trouver tout et n’importe quoi sur quelqu’un, hors ce n’est pas ce qui nous intéresse, ce que nous voulons c’est le parcourt professionnel de notre candidat, voir si nous connaissons les manager avec qui il a déjà travaillé pour avoir une référence pertinente (très anglo-saxo).
Ainsi chez nous, les « social network » servent beaucoup, je ne parle évidemment pas de Facebook mais de sites bien connus comme Viadeo, LinkedIn, Xing et maintenant Bleent qui sont comme je le disais plus utiles pour générer des renseignements pertinents sur les candidats.
Cela étant dit, ces pratiques ne doivent pas et à mon sens ne remplaceront jamais une vrai longue discussion avec un candidat qui permettra de mieux comprendre ses compétences, ses ambitions, nous permettant ainsi de le représenter au mieux et avec succès face à son futur employeur.
Quels conseils donnerais-tu pour réussir un entretien ?
La base est bien entendu d’être à l’heure et de « bien présenter », mais ça, tout le monde peut le faire, alors qu’est ce qui peut faire la différence aujourd’hui ?
C’est un peu un cliché, mais il est vrai que les meilleurs employeurs recrutent pour l’attitude et non juste pour des compétences. Ainsi lors de la préparation pour un entretien, il est très important de considérer votre attitude personnelle en plus de votre pertinence technique ou fonctionnelle pour un rôle.
En tant que candidat, si vous avez atteint l’étape de l’entretien, vous pouvez supposer que vous avez la plupart des compétences de base requises pour le poste. A cette étape, Bien qu’il soit important de démontrer ces compétences, le fait de réussir ou échouer est susceptible de dépendre d’autres facteurs liés à votre attitude : l’enthousiasme, le dynamisme, l’ouverture, l’honnêteté et la façon dont vous mettez votre travail en avant peut surmonter tous les écarts de compétences que vous pourriez avoir et vous rendre plus attrayant qu’un candidat plus expérimenté.
La clé pour réussir cela et donner le meilleur de vous-même : ne négligez pas votre préparation pour un entretien.
Comme un sportif s’entraine pour réaliser la meilleur performance vous devez vous entrainer pour « l’épreuve de l’entretien », seul devant votre miroir, avec l’aide de votre recruteur ou d’un proche, répétés et maitrisés a minima les points suivants :
Bien connaitre le descriptif du poste
Bien connaitre les informations de base sur l’entreprise et pourquoi pas sur votre interlocuteur (LinkedIn, Viadeo)
Adapter votre discours à la mission : faite un focus sur vos expérience ayant un réel rapport ou apport pour le poste.
Préparez vos réponses aux questions classiques : points forts, points faibles ou d’améliorations, comment vous voyez vous dans 5 ans…
Il existe une longue liste de questions classiques mais qui tombent pourtant à chaque fois.
N’oubliez pas qu’un entretien est un échange, si votre interlocuteur vous pose des questions pour en savoir plus sur vous, vous devez lui en poser aussi pour montrer votre intérêt pour le poste : toujours préparer une liste de questions à poser !
Comment se porte le secteur de la BI ?